Le droit de rétention institué au profit de l’huissier de justice, par l’article 22 du décret n° 96-1080 du 12 décembre 1996, pour garantir le paiement de sa rémunération et de ses débours, suppose la détention de la chose sur lequel il porte. Exercé sur les clefs d’un immeuble que cet officier ministériel détient pour avoir instrumenté l’expulsion de son occupant, il n’emporte pas la détention de l’immeuble lui-même et, partant, l’obligation pour l’huissier de justice d’assurer la conservation de ce bien.
    Il s’ensuit que la décision qui rejette les demandes indemnitaires présentées contre l’huissier de justice par le propriétaire de l’immeuble, en raison de l’absence de lien causal entre la rétention des clés de l’immeuble et les dégradations subies par celui-ci après l’expulsion, se trouve légalement justifié par ce motif de pur droit.

Cour de cassation, civile, Chambre civile 1, 11 mai 2017, 15-26.646, Publié au bulletin

 

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